Un peu de tout et de tout un peu

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Mes lectures


Une mouette bien curieuse, la mer du Nord et une pension-hôtel intrigante... Les soupçons de la mouette, le dernier roman de Marie Meuse

Que peut-on faire lorsqu'on est l'épouse d'un homme qui vous délaisse parce qu'il est plus passionné par Napoléon et ses grognards que par sa femme ? Louise a longtemps hésité et puis un jour, prise de panique parce qu'elle a accidentellement cassé les précieuses statuettes de Napoléon collectionnées par son mari,  elle craque et quitte le domicile conjugal en emmenant Sasha son chat dans un panier et Adrienne son poisson rouge dans un Tupperware. Louise part se réfugier à la mer du Nord, qu'elle appelle la mère du Nord. Elle loue une chambre dans une localité côtière, Flots les bains et s'installe à la Pension-Hôtel Hortense. Dès qu'elle met les pieds dans cet hôtel, Louise va rencontrer des personnages hors du commun qui vont susciter la méfiance de notre protagoniste. Sa curiosité  va l'amener à vivre des situations rocambolesques aux rebondissements multiples et cocasses.

 Sous le ciel aux couleurs variables et au bord d'une mer souvent agitée,  Louise va jouer les détectives et résoudre une intrigue, faire une rencontre qui va la marquer et prendre une décision qui va changer sa vie.  La plume alerte, la verve et l'imagination de Marie Meuse nous entraînent dans cette histoire tragi-comique qui peut sembler légère au premier regard mais qui donne à réfléchir sur la nécessité de trouver un sens à sa vie.  Par moments, l'ambiance qui règne dans la pension-hôtel évoque l'atmosphère des romans d'Agatha Christie mais avec une bonne dose d'humour en plus.

Un roman à ne pas manquer : Les soupçons de la mouette de Marie Meuse publié chez Atramenta

 


18/03/2018
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Double meurtre à Sainte-Rolende, quand le folklore sert le thriller

Vous prenez un serial killer en Harley Davidson recherché par Europol, un profileur avec des dons paranormaux, une jeune enseignante trompée par son petit ami et retrouvée morte, le fantôme d'une jeune fille brûlée vive au 16e siècle pour sorcellerie et qui hante la ville pour jouer les justicières, vous ajoutez un poète wallon du XIXe siècle et un soupçon de peintre impressionniste de la même époque et la même région,  vous mixez avec les marcheurs de l'Entre Sambre et Meuse en période de Pentecôte dans le décor de la ville de Gerpinnes et ses environs(Acoz, Villers Poterie, etc...), vous servez le tout à une équipe de policiers qui va se retrouver avec quatre cadavres au cours d'un même week-end, le tout au son des tambours et des fifres qui résonnent  dans la campagne environnante pour accompagner la châsse de Sainte Rolende.  Voilà un bon thriller aux accents folkloriques et fantasmagoriques : Double meurtre à Sainte-Rolande est un roman de Pierre-Paule Nelis publié chez Gebarts Brumerge. La particularité de ce roman c'est qu'il a fait l'objet d'un film avant d'être publié en livre : La légende de Marie Lineau par Steve Jennequin sur un scenario de Pierre-Paul Nelis. Au casting du film figure Juliette Nothomb, méconnaissable sous son maquillage de sorcière au cours d'une brève apparition dans les bois de Gerpinnes.

 


11/03/2018
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Le carnet de moleskine

Sur un carnet de moleskine éclairé par la lumière tamisée d'une lampe de bureau, court la plume de Denis. Je devrais  plutôt dire que la plume boite car le narrateur raconte sa vie par bribes haletantes comme sa respiration. "Confession confuse d'un homme tourmenté", tourmenté par un secret tellement lourd qu'il a décidé de se tuer lorsqu'il aura raconté des faits vieux de cinquante ans qu'il avoue pour la première fois. L'amitié, l'amour, la passion, le désir de possession... tous les ingrédients d'un drame que l'on ne découvre qu'à la fin du roman. Le carnet de moleskine est un vrai chef d'oeuvre par l'acuité de l'analyse psychologique des personnages, l'intensité dramatique et passionnelle de cette confession et le paradoxe du principal protagoniste auquel on s'attache en dépit de ses actes. On ne saurait le juger puisqu'il se juge lui-même. Au début de la lecture, on pourrait regretter que la fin du roman est déjà annoncée. Mais le suspense réside en réalité dans la progression de l'aveu qui permet de comprendre pourquoi Denis en arrive à se tuer. Un récit court et dense dont on ne sort pas indemne. Une écriture tout en finesse et un style exceptionnel raffiné, des mots simples et percutants. Tous les ingrédients du vrai talent, celui de Carine Geerts.

 

Carine Geerts, Le carnet de moleskine, Gebarts Brumerge (ISBN 9782375440056)

 

 

 

 

 


10/03/2018
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Tant de silences de Philippe De Riemaecker ... un livre qui parle au coeur !

Silence, par définition : absence de sons, absence de discours mais espace pendant lequel les mots sont créés, espace pendant lequel on entend l'autre. La musique, elle aussi, est faite de silences pendant lesquels résonnent les notes précédentes et se préparent les notes qui suivent, et pendant lesquels les instruments qui se taisent écoutent ceux qui leur répondent. Le silence est un espace de création, de méditation, de retour sur soi pour mieux revenir aux autres et certains font voeu de silence pour mieux entendre le monde. Le silence est nécessaire pour le repos de l'âme et corps.  Mais le silence peut être torture lorsqu'on est privé de toute communication, le silence est destructeur s'il est rempli de non-dits, le silence devient coupable si l'on préfère se taire que dénoncer les injustices.  Et tous les hommes sans exception sombrent un jour dans le silence de la mort, en espérant que ce ne sera pas celui de l'oubli.

Tant de silences..., le titre d'un livre de Philippe de Riemaecker. Une histoire aux multiples intrigues dont le silence est le personnage principal : le silence d'un couvent où une religieuse grabataire qui offre le sien en communion avec la souffrance du monde communique par delà le réel, le silence des non-dits et de la douleur d'un homme qui voit ses parents plonger dans le silence de la mort dans une famille déchirée par des conflits, le silence des non-dits au sein d'un couple dont le mari est malade, le silence du secret professionnel, et aussi le silence du désert où chemine un couple d'Iraniens fuyant le régime des Mollah pour tenter de rejoindre l'Occident.  Des intrigues qui semblent n'avoir aucun rapport entre elles, sinon les silences d'une souffrance indicible qui hurle au coeur du lecteur.

Un livre poignant, tout en sensibilité, délicatesse et tendresse, à l'image de son auteur,  qui voyage du coeur de l'Orient à la campagne brabançonne, des églises aux mosquées,  qui réunit le Coran et l'Evangile, un hommage aux hommes de bonne volonté avec une fin en clin d'oeil à une des plus belles traditions occidentales.

A découvrir absolument, ou à offrir pour Noël...

Tant de silences

Philippe De Riemaecker aux éditions encrerouge.fr

 


07/12/2017
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La solitude des étoiles : le dernier roman de Martine Rouhart.

Se plonger dans un roman de Martine Rouhart est toujours un ravissement. On ne peut qu'être séduit par son style élégant, tout en finesse et en délicatesse, mélodieux, empreint de poésie.  

La solitude est d'abord celle de Camille, une femme blessée par la vie, qui évite tout rapport avec les autres depuis la mort de son mari. Assistante vétérinaire, elle ne donne son affection qu'aux animaux qu'elle soigne. Elle ne supporte aucun lien, aucune intrusion dans sa vie terne et sans âme, dont personne ne semble comprendre la souffrance. Jusqu'au jour où elle craque et  elle part loin de son existence solitaire et sans but, pour une retraite en pleine forêt ardennaise. Elle y rencontre alors Theodore, un homme sans domicile fixe. Passant outre  ses premières craintes et ses préjugés, elle laisse ce personnage étrange faire intrusion dans sa vie et s'intéresse de plus en plus à son histoire qu'il lui raconte, note après note comme celles qui sortent de la flûte qui ne le quitte pas. Grace à Théodore, (dont le nom signifie don du ciel) Camille parcourt ainsi un voyage existentiel qui la sort du fond d'elle-même pour la ramener à la vraie vie.

 

Une superbe réflexion sur le sens de la solitude, les relations humaines, la souffrance, plusieurs histoires s'y croisent, celle de Camille, de sa mère, de Theodore, d'une mystérieuse Iris...et tout cela dans le magnifique cadre de la forêt ardennaise aux couleurs d'automne, sous la pluie ou dans la neige et sous le regard des étoiles qui là-haut se croisent et se rencontrent dans leur solitude infinie.

 

La solitude des étoiles, par Martine Rouhart aux Editions Murmures du soir

 


05/12/2017
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"Mai 68, c'était déjà nous !" (Il n'y a plus de vieillesse, par Gilles Horiac)

La vieillesse, la vie et même la fin de vie dans les maisons de retraite, voilà des thèmes qui semblent chargés de nostalgie, de tristesse.  Mais l'auteur, Gilles Horiac, décrit cet univers déprimant avec beaucoup d'humour, parfois décapant, une grande tendresse, plein d'optimisme, bon sens et sérénité. Dans Il n'y a plus de vieillesse, il met en scène quatre personnes qui derrière leurs rides et leurs cheveux blancs ont gardé intacte leur jeunesse. Il y a Alain, un ancien truand, Béatrice, qui dirigeait un restaurant, Bernadette, qui était médecin et Georges, un ancien chanteur.  Et comme ils sont de la génération qui ont fait mai 68, ils rassemblent leur énergie et leur amour pour la vie et se démènent pour améliorer le monde qui les entoure.  Sous la plume alerte et stylée de Gilles, les protagonistes vont vivre des aventures que leur entrée en maison de retraite ne pouvait laisser deviner : le sauvetage d'un site naturel, un dîner offert à des SDF dans un restaurant de luxe, l'organisation d'un mariage gay dans le jardin de la maison de retraite, l'enregistrement d'un disque dont les royalties leur permettent de sauver une maison de retraite moins bien lotie que la leur. Autour d'eux gravite le personnel de la seniorie avec la directrice autoritaire et infantilisante, la sous-directrice qui révèle sa vraie personnalité à la fin du roman, les infirmières et aide-soignantes plus ou moins empathiques, sans oublier les familles des résidents et la participation de la reine Mathilde. Un livre tout à la fois  drôle et sensible mais qui par l'humour dénonce l'infantilisation des personnes âgées, le manque de subsides alloués aux maisons de retraite "sociales", la médicalisation excessive qui pour ajouter des années à la vie, supprimerait les plaisirs de la vie. Ca me rappelle un peu le film Home sweet Home de Benoît Lamy (1973) ou plus récemment le film Les souvenirs de Jean-Paul Rouve. Un livre à découvrir absolument,

Il n'y a plus de vieillesse de Gilles Horiac est publié aux 180e éditions,

 


12/09/2017
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Patricia Duterne, l'auteur qui entend le murmure du papillon

"Nul ne guérit de son enfance" chantait Jean Ferrat.  Le héros de ce roman de Patricia Duterne ne fait pas exception.  Marié à une femme adorable et amoureuse, père d'un petit garçon, a la tête de sa propre entreprise, Victor a tout de l'homme moderne et comblé par la vie. Et pourtant Victor est hanté par une promesse qu'il a faite à son amie Louise avec laquelle il a partagé des vacances qui auraient pu être un des souvenirs les plus agréables de son enfance sans justement cette promesse, qui, faite au cours du moment douloureux que constitue la séparation de ses parents, prend des proportions telles qu'elle rendra taboue toute évocation de cette période de sa vie. Ces souvenirs d'enfance sont finalement pour Victor aussi effrayants que les papillons qui le terrorisaient enfant. Un jour, le hasard (mais est-ce vraiment le hasard ?) lui fait rencontrer une petite fille dont le visage fait rejaillir le volcan des émotions refoulées.  

Le lecteur voyage entre le temps des rêves de l'enfance et la vie quelque part à l'âge adulte. Les chapitres consacrés à l'enfance, en particulier ceux des vacances chez les grands-parents ne sont pas sans rappeler l'ambiance des histoires de la bibliothèque rose ou les vacances de la Comtesse de Ségur, entre les pique-nique secrets au bord de l'étang, les jeux de carte sous le lit pendant l'orage, les crêpes préparées par Mamy et Papy qui collectionne les papillons. Mais la ressemblance s'arrête là tant l'atmosphère est lourde, remplie d'angoisses cristallisées autour de ce Sphynx à tête de mort, qui annonce la mort, celles des rêves de l'enfant détruits par les disputes parentales. Le temps des rêves et la vie à l'âge adulte se télescopent brutalement lorsque le destin de Victor croise un jour celui plus tragique  de son amie. 

Un très beau roman, qui fait penser à Peter Pan, non pas celui de Walt Disney mais le personnage original de J.M. Barrie, cet enfant qui ne veut ni grandir ni se souvenir. Tout comme Peter Pan se rabat sur l'enfant de Wendy lorsqu'il voit que Wendy a grandi, Victor s'attache à un enfant dont il croise le destin. Le personnage présente de nombreux symptômes du syndrome de Peter Pan décrit en psychologie : isolement, angoisses, fausses fiertés, insatisfaction, apitoiement sur soi, difficultés à gérer leurs émotions...

Une belle écriture fluide, un style simple et élégant, l''histoire est très bien construite avec ces aller et retour entre présent et passé et les personnages sont très bien décrits, attachants.

Le murmure du papillon, une histoire troublante, un livre que je vous recommande par Patricia Duterne aux Editions Acrodacrolivres

 

 


31/05/2017
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Inondation de Marie Meuse, (on croirait lire du Pagnol sous la pluie)

 

Toute l'histoire se passe dans un village qui a son quartier du haut et son quartier du bas, avec sa mairie, son épicerie, sa boucherie, son entreprise des pompes funèbre, sa pharmacie, son garage, son école, son café et son église. Evidemment, dans ce village, il  y a des habitants : le maire, l'épicier, le boucher, l'entrepreneur des pompes funèbres, le pharmacien, le mécanicien, la tenancière du café, Irène, une belle femme au décolleté aussi généreux que son caractère, l'amant de la tenancière, Emile, un homme au passé mystérieux et que tout le monde respecte. Le personnage principal est le curé, Arnold, passionné par les chansons de Mylène Farmer et qui est aidé dans son ministère par des femmes, des bénévoles, dont Serena,  plus catholique que le pape mais qui voue un amour aussi chaste que désespéré au prêtre. Et n'oublions pas Tartuffe le chien diabétique du vieux Bastien que l'on enterre au début de l'histoire, chien qui va être adopté par le curé. Voilà les personnages et le décor d'un délicieux roman. Non, en fait il manque au décor un élément essentiel, personnage principal de cette histoire : la pluie, la pluie qui tombe sans discontinuer (la faute au réchauffement climatique) et plonge (le mot est on ne pleut plus juste) le village et les villageois dans une inondation de plus en plus catastrophique au fil du récit. L'église du village étant envahie par le déluge, le curé se donne pour mission de chercher un autre endroit pour célébrer la messe ... mais l'endroit qu'il va trouver n'est pas accepté par les bénévoles qui  vont s'empresser de tout faire pour que le curé change d'avis, tandis que ce dernier lui se démène pour fournir les soins à son chien diabétique. L'histoire est pleine de rebondissements avec des situations cocasses, du suspense,  et un dénouement pour le moins inattendu.

Ce roman m'a ravi d'un bout à l'autre, le style est simple et raffiné, le rythme de l'histoire est enlevé, les dialogues savoureux, les personnages tout à la fois drôles et attachants... cette tragi-comédie villageoise n'est pas sans rappeler les romans de Marcel Pagnol.

Inondation de Marie Meuse, une auteure dont je découvre le talent avec  ravissement et que je vous recommande tant j'ai adoré !

(édité chez Mon petit éditeur)

 


24/04/2017
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La dernière pièce du puzzle par Aurelie Di

Vingt chapitres, vingt personnages, vingt "cabossés de la vie" ou "bras cassés", vingt destins qui s'entrelacent les uns aux autres sur le mode des "chansons en laisse", ces chansons enfantines où chaque phrase contient un mot de la phrase qui précède et un autre de la phrase qui suit jusqu'au moment où l'on retombe sur la phrase du début, ce qui permet de reprendre la chanson dans une boucle infinie : trois petits chats, chapeau de paille, paillasson...

Aurélie Di enchaîne ainsi vingt histoires différentes mais les personnages de chacun de ces récits ont un lien avec celui de l'histoire qui précède et celui de l'histoire qui suit, jusqu'au moment où on retrouve ceux du premier chapitre bouclant le cercle dans lequel l'auteur vous a entrainé, en terminant sur un élément que vous aviez pressenti dans le premier chapitre. Des femmes, des hommes, à la recherche de l'amour, du bonheur, d'eux-mêmes et qui tout en s'égarant au fil de leur quête posent des actes qui auront des répercussions sur la vie des autres personnages du roman. Tous évoluent dans un univers plutôt sombre, fait d'apparences trompeuses, où règnent trahisons, secrets et mensonges, un univers qui comme l'enfer est pavé des bonnes intentions des autres qui transforment la vie en champ de ruines.  Les protagonistes sont parfois attachants, parfois agaçants, parfois sordides, mais aucun d'entre eux ne laisse le lecteur indifférent.  On termine la lecture un peu étourdi par ce tourbillon infernal écrit  dans un style simple et moderne qui rend sa lecture fluide.

"La dernière pièce du puzzle", un livre que je vous recommande est le premier roman d'Aurelie Di, une jeune auteur à qui on souhaite une longue et fructueuse carrière.

"La dernière pièce du puzzle" aux Editions Acrodacrolivres

 


16/04/2017
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Romance avec le passé (Laure Hadrien)

Ils se rencontrent, ils s'aiment, ils se séparent et un jour ils se retrouvent : voilà les éléments de base pour une romance. La littérature et la cuisine ont ceci en commun qu'avec les mêmes ingrédients on arrive à des résultats totalement différents.

Muriel a 20 ans lorsqu'elle rencontre Hugo, plus âgé qu'elle. Ils tombent amoureux mais un jour, sans crier gare,  Hugo part avec Linda qu'il épouse et avec laquelle il a des enfants. 20 ans plus tard Muriel qui a fait une belle carrière et est toujours seule, se met à la recherche de son premier et unique amour sur Google. Et elle le retrouve alors qu'il vient juste de divorcer. Les deux anciens amants se donnent rendez-vous... L'occasion de regretter le passé, le temps perdu et peut-être, peut-être d'envisager un nouveau bonheur qui s'ouvre à eux ... peut-être ou peut-être pas.

Laure Hadrien, l'auteur de Romance avec le passé, traite le thème des retrouvailles entre anciens amants avec sensibilité et poésie. Des personnages attachants et le lac Léman en toile de fond.

Romance avec le passé (Laure Hadrien, Editions Chloé des Lys)

 

 


21/03/2017
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Oser le rouge (Josiane Van Melle) : une superbe découverte !

La vie d'artiste peut être une tragédie pour ceux qui vivent avec lui. Mais les oeuvres de l'artiste font écran à la somme des souffrances qu'il a infligées à ceux qui l'aime. Retracer la vie d'un peintre célèbre, en l'occurence Paul Gauguin, par le regard de l'épouse de ce dernier, Mette Sophie Gad, voilà une approche comme je les aime.  L'histoire d'une passion amoureuse qui se délite, se detruit inexorablement à mesure que Gauguin se passionne pour la peinture à laquelle il va se consacrer comme à une maîtresse destructrice et exigeante jusqu'à s'exiler pour combler son désir d'anticonformisme, en laissant derrière lui désolation et mort.

Je ne connaissais pas  Josiane Van Melle, "amoureuse des langues et de la langue française en particulier". Son style tout en finesse, son écriture très forte  me rappellent mes auteurs préférés : Emile Zola (dont je retrouve l'atmosphère de L'oeuvre), Maupassant, ou encore Flaubert.  A lire pour l'histoire mais aussi pour la description et l'analyse du courant impressionniste. Une auteure que je suis ravie d'avoir découvert ! 

Oser le rouge, Josiane Van Melle (Société des Ecrivains)

 

 

 


21/03/2017
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Proche Lointain de Martine Rouhart

Si on ne sait pas toujours expliquer l'amour, on peut tout aussi difficilement comprendre pourquoi naît une amitié. "Parce que c'était lui, parce que c'était moi" a dit Montaigne, qui avec ces mots, n'explique finalement rien, il ne fait que décrire. L'amitié est un sentiment unique, les vrais amis sont rares. Mais l'amitié tout comme l'amour peut prendre fin. Et tout comme en amour, certaines blessures mènent à la rupture. Etre déçu en amitié est terrible car s'il peut persister de l'amitié après la fin d'une relation amoureuse, que reste-t-il lorsque l'amitié s'effondre ? 

Entre les deux protagonistes du roman de Martine Rouhart, existe une amitié de plus de vingt ans qui un jour ne résiste pas à la déception provoquée par la révélation d'un comportement inacceptable qui en détruisant la représentation que le narrateur se fait de son ami, détruit l'amitié qui les liait.  Dans le style élégant, raffiné et tout en sobriété qui la caractérise, Martine Rouhart décrit avec justesse, finesse et simplicité, le deuil d'une amitié qui semblait devoir résister à toutes les secousses.  S'éloigner après avoir été si proche, et puis se retrouver proche au moment de l'éloignement final.  Avec Proche Lointain, Martine Rouhart signe un roman remarquable, empreint d'émotion,  et elle gravit encore un échelon dans le talent qu'elle manifeste déjà dans Accueillir et Agir, Aller Retour, ou Séparations.

Un livre à découvrir, un beau et précieux moment d'émotion, qui m'a beaucoup touchée

 

Proche Lointain par Martine Rouhart aux Editions Dricot (ISBN 9782870955239)


11/03/2017
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Le silence des poupées (Anna Sam et Raoul Cauvin)

Personnellement, les thrillers qu'ils soient littéraires ou cinématographiques ne sont pas vraiment ma tasse de thé. J'ai du mal à comprendre que les gens puissent aimer se faire peur (sauf à imaginer qu'ils trouvent agréable que cela s'arrête) et j'ai toujours pensé qu'il fallait être doté d'un esprit assez sadique pour créer des oeuvres destinées à faire se dresser les cheveux sur la tête des gens. Seul Hitchcock, le maître du suspense, trouve grâce à mes yeux.

Le silence des poupées est arrivé entre mes mains par hasard et par la volonté de mon éditeur qui est aussi celui de l'auteur de ce roman, Anna Sam. Il m'a été soumis pour relecture avant envoi chez l'imprimeur afin de traquer ces coquilles de dernière minute qui arrivent à échapper à la vigilance de l'auteur et de tous les relecteurs.  Je me suis donc plongée dans la lecture de ce récit avec un regard purement technique d'abord mais mot après mot et page après page, je me suis laissée séduire par cette histoire aussi étrange qu'originale. 

Originale parce que le thème principal autour duquel est bâtie toute l'intrigue, c'est la taxidermie. Je conserve toujours un petit écureuil empaillé qui avait été offert à mes parents par un oncle qui avait ramassé le petit animal mort au pied d'un arbre et qui l'avait porté chez un taxidermiste dont la vitrine d'ailleurs me fascinait quand j'étais enfant. Cet écureuil est resté accroché au mur sur sa branche avec une noisette entre les pattes avant, et il avait l'air vivant, prêt à bondir... et 60 ans plus tard, bien que poussiéreux il a toujours le regard aussi vif, même s'il est relégué au dessus d'un placard dans une pièce où l'on ne va jamais.

En plongeant dans l'univers des poupées d'Anna Sam, j'ai retrouvé la fascination que je ressentais  enfant en regardant l'écureuil de mon oncle ou en contemplant derrière la vitrine du taxidermiste tous ces animaux morts et vivants tout à la fois.  Mieux qu'un musée de cire qui ne fait que reproduire la vie, les taxidermistes ressuscitent un instant de la vie d'un animal, le rendant en quelque sorte immortel.

L'auteur ne nous épargne aucun détail technique : toute la démarche taxidermique est développée au cours de son récit, très didactique sur le sujet. En tant que médecin, ayant eu l'occasion de pratiquer des séances de dissection, d'assister à une autopsie et à de nombreuses interventions chirurgicales, j'avoue que les scènes de dépeçage et de traitement de cadavres n'ont suscité chez moi aucun effroi. J'ai trouvé qu'Anna s'était bien documentée sur le sujet.

Un taxidermiste réputé qui avant de mourir veut réaliser un projet aussi macabre que surprenant, un ancien sculpteur à qui la vie a tout repris après lui avoir tout donné et qui n'a donc plus rien à perdre, un vieux chasseur alcoolique qui jouera un rôle non négligeable dans l'histoire, un manoir à l'atmosphère lugubre dont les murs cachent des activités étranges, de mystérieux personnages dont le rôle est un peu opaque au départ... Autour de tout ce scénario, on a une deuxième intrigue... dont on se demande jusqu'au bout ce qu'il en adviendra et quel est le lien avec les résidents du château.  Je ne vous en dis pas plus, on ne raconte pas un thriller.  La vie, la mort, le désir d'immortalité ...

Une histoire vraiment bien construite, un style simple comme la vie et la mort, une atmosphère sombre avec de l'humour noir en prime car Anna est une personne pleine de vie,  d'esprit et d'humour... un bon moment à passer, surtout pour ceux qui raffolent de ce genre de littérature, ils ne seront pas déçus.

Le silence des poupées, par Anna Sam, sur une idée originale de Raoul Cauvin, aux éditions Acrodacrolivres

 

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09/03/2017
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Pénurie dans la galaxie : une tragédie pleine d'humour !

Quand la passion de la cuisine rencontre celle de l'écriture, ça donne des livres de cuisine, un roman ou de la science-fiction culinaire. 

Pénurie dans la galaxie aborde le thème du réchauffement climatique de manière tout à fait décalée  avec beaucoup d'humour. L'histoire se passe dans la Voie lactée, bien nommée, mais mal connue des terriens que nous sommes.   Un industriel déclenche par ses activités un réchauffement climatique qui modifie l'univers des Lactésiens, transformant leurs mers de lait en nappe de beurre, et provoquant une pénurie alimentaire. Pour limiter les dégâts, les Lactésiens font appel aux Terriens... et une solution assez originale va être trouvée. 

Le réchauffement climatique a des conséquences indigestes, mais le style enlevé et la verve de Juliette Nothomb en font un récit original et plein d'humour, que l'on avale d'une traite comme un bol de lait frais agrémenté d'une couronne de crème chantilly.

 

Pénurie dans la galaxie, par Juliette Nothomb aux Editions  Acrodacrolivres (ISBN 9782930756813),

 


07/03/2017
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Les pétales de Ludwig, Gaston Hénuzet

La guerre est un sujet d'inspiration fascinant pour un écrivain, tant pour la description des événements que pour l'analyse du comportement des humains qui, plongés dans ces situations extrêmes, révèlent leur vraie nature. La deuxième guerre mondiale est encore fraîche dans les mémoires et pourtant certaines idées qui ont fait le lit de cette guerre reviennent en force, alors même qu'il existe encore des témoins vivants de cette période où l'homme a montré qu'il pouvait se comporter en monstre féroce pour les autres humains.  Le premier livre publié par Gaston Hénuzet aborde cette période de l'histoire dans un roman inspiré au départ de faits réels et de personnages ayant réellement existé.  On se retrouve dans une famille à l'annonce de la mobilisation générale, sur les routes de l'exode, en pleine bataille de la Lys au moment de la capitulation belge, dans les stalags. On suit l'évasion rocambolesque d'un des principaux protagonistes qui finira tragiquement.  On suit l'évolution et la prise de conscience par le plus jeune frère de la famille qui d'abord séduit par l'idéologie rexiste, entre ensuite dans la résistance au péril de sa vie.  Mais la guerre n'empêche pas l'amour et l'auteur greffe deux histoires d'amour sur son roman de guerre, dont l'une d'entre elles a des accents shakespeariens de Romeo et Juliette, entre le résistant et la sœur d'un militant rexiste. J'aime les femmes de ce récit, la mère Jeanne, la jeune Rosette, Hilda l'Autrichienne qui vient faire de la résistance en Belgique, Anna, jeune femme juive elle aussi membre de la résistance, la petite Lulu, très mature pour son âge. De nombreux personnages gravitent autour des personnages principaux, certains sympathiques et attachants, d'autres moins, quelques personnes au tempérament impressionnant. L'histoire se déroule dans la région où habite l'auteur, en citant des villes et villages aux sonorités connues, seul le village de son enfance a un nom d'emprunt, mais avec le nom des localités voisines on peut facilement deviner où se déroule l'histoire.

Une histoire tragique bien construite qui s'achève sur des notes d'espoir, riche en action, mais aussi en réflexion. Roman qui va éveiller des souvenirs chez les plus âgés des lecteurs, mais qui devrait être lue par les plus jeunes aussi.

Elle est rédigée dans un style que je qualifierais de baroque (sans aucune connotation négative), voire même un certain maniérisme (au sens intellectuel du mot), avec de nombreuses métaphores (dont certaines en rapport avec la musique risquent peut-être de ne pas être comprises par un public non averti), une recherche de virtuosité dans les descriptions.  L'auteur utilise parfois des mots inusités, mais il émaille son récit aussi avec des termes argotiques et des expressions familières quand il ne fait pas s'exprimer ses personnages en wallon.

Etant donné que sans la musique, la vie serait une erreur, Gaston Hénuzet, pianiste et compositeur, a utilisé en bande sonore de son récit la 9e symphonie de Beethoven, dont on entend les accents à plusieurs reprises au cours du récit.

Un livre que j'ai eu l'occasion et le plaisir de découvrir dès avant même que l'auteur l'envoie chez l'éditeur et que je vous recommande : Les pétales de Ludwig, par Gaston Hénuzet, publié chez Memory (310 pages, 21 €, ISBN : 978-2-87413-276-6)

 


03/03/2017
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